Parcours PMA

Parler de son parcours?

Parler ou ne pas parler de son parcours? Doit-on aborder ce sujet entre la poire et le fromage ou faut-il mieux garder ce problème de couple secret? Avec Zhom, nous avons fait notre choix.

Dès le début de notre parcours, nous avons eu les réflexions et questions habituelles « c’est pour quand le bébé ? », «  vous en êtes où dans le projet bébé ? ». Au début, on esquivait, je mentais en prétextant que ce n’était pas le moment, qu’on avait le temps, BLA BLA BLA… On changeait de sujet, on éludait la question par une jolie pirouette.

Et puis le temps a surement fait son oeuvre, et puis nous avons découvert que nous n’étions pas les seuls à avoir un souci au niveau de la conception malgré tout le mal qu’on a pu se donner au départ. C’est vrai, un couple sur six a des soucis de fertilité, on est donc loin d’être les seuls exclut du game « bébé couette ».

Alors aujourd’hui, à la question « Vous avez des enfants ? » la réponse a légèrement changé « Non, nous sommes infertiles. ». C’est sûr cette réponse à de quoi déstabiliser nos interlocuteurs, les regards changent.

Punaise, vous verriez la tête de certains interlocuteurs… Les regards changent entre gêne, curiosité et compassion (que vous pouvez la garder d’ailleurs). Alors oui, balancer sur la place publique notre petit secret a eu et aura des répercutions. Il y a ceux à qui on inspire la pitié, ceux qui posent des tonnes de questions et ceux qui sont pris d’une irrépressible envie de pipi et nous tournent le dos promptement.

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Je ne pense pas que nous devions nous taire et cacher notre souci. Etre infertile n’est pas une tare, ce n’est pas une maladie qu’il faut cacher aux yeux du monde. C’est un fait, un coup du sort qui fait parti de nos vies. L’infertilité est déjà difficile à vivre sans que nous ayons en plus un sentiment de honte en plus sur les épaules. Mais l’infertilité est déjà assez difficile à vivre, nous n’avons pas à subir en plus la honte d’être différents.

Pourquoi devrai-je avoir honte d’ailleurs? Mon mari n’y est pour rien, il n’a pas choisi d’être stérile. On ne peut même pas dire que c’est à cause d’un comportement à risque c’est à dire le combo alcool + drogue + pantalon trop serré. Non, Zhom ne synthétise pas une hormone point. A un moment donné pendant l’adolescence, son corps n’a pas pu produire de l’Inhibine B. Le coup de malchance, le hasard de la loterie comme il en existe des centaines et des plus graves.

En 2018, la fertilité reste un sujet tabou dont on ne parle pas forcément lors des réunions de famille. Quand on voit certaines réactions, je comprends parfaitement ceux qui préfère ne rien dire et garder leur secret.

Parler, c’est s’exposer mais aussi communiquer pour tordre le cou aux idées reçues, pour informer et pour sensibiliser notre entourage.

Avez-vous choisi d’aborder le sujet avec vos proches ou l’infertilité reste dans votre jardin secret?

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16 réflexions au sujet de « Parler de son parcours? »

  1. Plus le temps passe et plus j’en parle facilement 🙂
    Ce qui m’aide c’est que j’ai une maladie dont on parle de plus en plus : l’endométriose.
    Parfois on récolte de sales remarques mais souvent les gens savent se tenir. Et ceux qui sont vraiment bouchés et persistent à croire qu’on se met trop la pression-devrait se détendre-y pense trop ou qu’il suffit de déménager-partir en vacances-se marier-adopter, je leur explique patiemment ! Et s’ils continuent à se montrer bouchés, je ne les vois plus !!!
    En parler m’a cependant permis de me rendre compte que nous sommes loin d’être seuls face à l’infertilité. Et certaines personnes se sont vraiment révélées être des soutiens précieux ❤

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  2. J’en parle librement. J’ai tenu 2 ans, et puis les verrous ont sauté un a un et maintenant on peut dire que tout le monde est au courant. Ça rend pas la situation moins bizarre (car comme tu dis il y a de tout dans les réactions) mais au moins y’a plus dambiguites (bon on a construit une villa en 2015 donc fallait être un peu bouché pour pas en tirer des conclusions..)

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  3. Ici on en parle sans tabou, mon homme se lance souvent dans des explications médicales, parce qu’il ne supporte pas d’entendre que « c’est dans la tête » ou que « on ne sait jamais, la voisine de la cousine de la boulangère est tombée enceinte naturellement après avoir entamé les démarches d’adoption » (alors qu’une azoospermie pour cause d’absence de canaux déférents c’est ni dans la tête ni réversible).

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  4. Ici j’en parle. J’ai pas eu à hésiter longtemps grâce à ma belle-mère: à l’annonce des résultats du spermo de son fils, elle l’a convoqué pour lui demander s’il était sûr de vouloir rester avec moi, car je le mets régulièrement face à ses 4 vérités (chose improbable pour une famille méditerranéenne) et surtout que les médecins avaient dû se tromper car depuis le début ça ne pouvait venir que de moi…
    Depuis j’en parle. Ouvertement. Surtout quand on me dit que c’est dans la tête. Genre les collègues qui s’obstinent avec le « je connais qq1 qui est tombée enceinte après plein de fiv loupé quand elle a arrêté de se prendre la tête » (LOL)
    Et quand j’annonce que le prob vient de Poulpy, les gens mettent ça sur son surpoids (RELOL) ou après sur « mais c’est parce qu’il est trop stressé » (sous entendu par moi ou son travail re re lol). Rare sont ceux qui peuvent imaginer que la « faute » vient de l’homme dès le 1er coup et encore plus que ça peut-être la faute à pas de chance…

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      1. Surtout chez l’homme, le surpoids on s’en fout… 🙄
        Ce qui est drôle c’est que dans notre parcours, jamais aucun gynéco n’a imaginé que ça puisse venir de moi. Ni ma gynéco de ville qui traînait des pieds quand je lui demandais des pds et qui me parlait tjs du chéri (à l’époque j’ai pas compris le message), ni le spécialiste en fertilité qui a donné direct une ordo de 2 pages pour le chéri niveau examen quand la mienne ne faisait mm pas 1/2page. A la pma, un coup d’oeil a notre dossier et pouf j’avais disparu, on ne parlait plus qu’à chéri 😂 on s’est mis à me causer uniquement quand on a abordé les piqûres ^^

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  5. Perso je reste assez discrète mais par pudeur souvent comme sur bcp d autres sujets, mais quand même depuis 1 an je me suis révélée à des amies proches et même une collègue. L avantage c que les gens sont ouvrent en contre partie et ça fait du bien de découvrir qu on est pas seuls …

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  6. J’en parle assez librement. Au début un peu par provocation, avec colère. Plus le temps passe plus j’essaye d’être dans la pédagogie pour tordre le cou aux idées reçues. Mais ça dépend bien sur de la question, il y en a où tu as juste envie de foncer dans le tas !

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  7. Pas de problème d’infertilité pour nous mais des fausses couches à répétition. Mais je ne le cache jamais. La dernière en date à m’avoir posé la question du petit deuxième est ma coiffeuse. En général quand je dis que c’est prévu mais que ma dernière fausse couche date de moins de 2 mois, ça jette un froid. Et bien là nous avons discuté pendant une heure de son parcours PMA et quand je suis partie je crois bien que nous étions toutes les deux bien contente d’avoir autant discuté 🙂

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