Parcours PMA

La frustration

Dans la pléiade de ressentiments vécu tout au long de notre parcours, je vous ai déjà parlé de la jalousie, l’impatience et la gestion du temps, la tristesse bien-sûr sans oublier l’audace que l’on doit parfois déployer. Il y a un ressentiment que je n’ai pas encore abordé ici et en y réfléchissant, c’est pourtant l’un des premiers sentiment qui se développe en PMA.

J’ai nommé : la frustration.

C’est en publiant une story sur mon compte Instagram que je me suis rendu compte qu’en plus d’être l’un des premiers sentiments perçus, la frustration ne nous quittait pas tout au long du parcours et qu’elle avait un impact direct sur notre rapport à nous même mais aussi aux autres.

Pour me cadrer et éviter un article trop long et rébarbatif, je vous ai listé un petit florilège des situations frustrantes quand on est en parcours PMA et plus particulièrement en don.

Avoir recours à la médecine pour avoir un bébé.

Alors que la plupart des couples n’ont besoin que des câlins crapuleux, nous les Pmettes sommes obligé de passer par des examens en tout genre et autres rendez-vous médicaux. Sans parler du fait qu’une insémination ou qu’une FIV c’est beaucoup, beaucoup moins glamour, tendre et romantiques qu’un coït passionné.

Au-delà de la peine du au deuil du bébé couette, je me demande même si la frustration n’accentue pas la douleur au moment où le diagnostic tombe.

Devoir attendre son tour.

Un couple sur 6 passe par la PMA, c’est énorme et les centre ne peuvent pas se charger de tous les couples en 1 claquement de doigt. Alors contrairement aux fertiles, on doit attendre notre tour pendant 3 ou 6 mois. Au bout de 2 ans d’essais, vous la sentez la frustration ?

Non content d’avoir entendu plus de 7 mois avant de connaître sa stérilité, le couple ayant besoin d’un don de gamètes doit en plus se prendre 1 ou plusieurs années d’attente supplémentaire car là aussi les dossiers s’entassent au niveau des CECOS et que tout le monde ne peut pas être servi tout de suite par manque de donneurs. A ce niveau là, on atteint des sommets dans la frustration car ces années supplémentaires sont des années sans essai et sans espoir. On attend point pendant que les autres essaient avec plus ou moins de réussite de monter dans le train de ma parentalité sans pouvoir tenter la moindre chose de son coté.

A cause de la frustration, jalouse tu seras.

En y réfléchissant bien, je crois que la jalousie provient de ce sentiment de frustration. Pourquoi elle y arrive et pas moi ? Pourquoi Dame Nature est une Pute avec moi et pas avec les autres ?

Ma jalousie que j’essai de gérer au mieux (gros travail sur moi) trouve son essence dans cette frustration de ne pas pouvoir réaliser mon rêve comme je l’entend, d’être obligée d’attendre. Alors oui, j’ai du mal à supporter les femmes qui tombent enceinte sans le vouloir véritablement, sans en avoir la profonde envie. Je les jalouse parce que je meurs d’envie d’avoir ce qu’elles ont et qui m’est interdit et ça c’est frustrant.

Aider ses proches

Surtout pour tout ce qui touche aux achats de puériculture. Je me refuse de rentrer dans un magasin. C’est mort ! J’ai beau aimé mes proches, il y a certaines limites que je ne veux pas franchir. Même si il est difficile aux couples fertiles de se mettre à notre place, vous vous imaginez 2 minutes arpenter les couloirs d’un magasin de puériculture alors que vous ne savez même pas si vous pourrez y faire un achat 1 jour ?

Par gentillesse, j’ai voulu passer le cap pour une proche. Direction le bon coin pour l’aider dans sa recherche de couffin et je suis tombé sur un berceau pour lequel j’ai eu un véritable coup de cœur. Vous n’imaginez pas la frustration.

Cette petite expérience m’a servie de leçon. Je connais la limite à ne pas franchir dorénavant.

Etre dans l’incertitude.

Ne pas connaître la date de notre fin de parcours, ne pas savoir si on aura notre enfant un jour. En PMA, c’est la loi. On ne sait rien, on ne sait connait pas la fin de notre parcours par contre on sait que ce ne sera pas forcément une happy end. C’est un dénominateur commun pour tous les couples en PMA et en lisant les témoignages des autres Pmettes, je me rends compte que c’est ce qui nous touche le plus (bien au-delà des RALC) le fait d’avancer à tâtons sans savoir si notre parcours nous permettra de réaliser notre rêve.

Aujourd’hui, je pense que la frustration est vraiment le sentiment que j’ai le plus de mal à gérer. Elle parsème mon parcours de tristesse et de colère, elle s’insinue partout dans mes projets qui ne peuvent aboutir pour le moment et modifie mon rapport avec les autres.

Avez-vous vécu des moments très frustrants pendant votre parcours ?

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12 réflexions au sujet de « La frustration »

  1. J’ai ressenti presque tout ce que tu décris, le pire étant les annonces de grossesse/réception de faire-parts, et l’incertitude de ne rien savoir sur l’issue de ce parcours… La frustration est énorme, et elle pourrit la vie des infertiles 😣

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  2. Je suis allée relire la définition de la frustration : liée à la colère et la déception elle survient lors de la résistance à la volonté.
    En entrant en pma j’avais la volonté d’avoir un enfant.
    La nature a fait bloc contre ma volonté.
    Je suis donc frustrée depuis 2011.
    CQFD. 😬

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  3. Je suis passée par le don, je suis ressortie du parcours sans rien à la clé. Des moments de frustration, il y en a eu tout au long des différentes étapes.
    Les magasins de puériculture, je refuse d’y entrer…. Je ne fais jamais les rayons grossesse ou bébé dans les magasins de fringues. Quand il faut acheter quelque chose pour une naissance, j’ai trouvé la technique, je vais dans un petit magasin et je prends le truc le plus chouette, l’affaire est faite !

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    1. Le temps fait peut être diminuer cette frustration. Depuis notre premier négatif, je me suis désabonné de mal de compte pour des produits de puériculture, ça me faisait trop mal.
      J’ai fabriqué les derniers cadeaux de naissance que j’ai fait pour justement éviter les magasins.

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  4. J’ai eu un parcours PMA très court, mais j’ai malheureusement des amis très proches qui sont dans l’attente depuis 5 ans. Je ressens sa frustration et donc j’évite de parler enfant et bébé avec eux. Ce sont presque des années entre parenthèses. Le pire c’est que je sais qu’en tant que maman je ne peux pas vraiment leur apporter de réconfort et ça me peine.

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  5. Cette attente et cette incertitude doivent être en effet très difficiles à gérer. Je n’ai pas eu de parcours pma mais plusieurs épreuves avant d’accéder à la maternité et j’ai déjà trouvé ça très dur. Pensées et courage à celles qui attendent encore et qui ne savent pas de quoi l’avenir sera fait.

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